Raymond Boisde par Roland Narboux - Bourges Encyclopédie -

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RAYMOND BOISDE, MAIRE DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

Raymond Boisdé, maire de Bourges pendant 18 ans, on lui doit beaucoup à Bourges, même si la période suivante tenta de le marginalier.

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Version 2009

 

Raymond Boisdé fut un des grands maires de la ville de Bourges, même si la fin de sa carrière fut très contesté et cahotique. Il est maire de 1959 à 1977, et en 18 ans, il a pu façonner la ville dans plusieurs domaines.

RAYMOND BOISDE FUT MAIRE DE BOURGES PENDANT 18 ANS, 1959 - 1977,

Dans l'entre-deux-guerres, Bourges avait été dirigée d'une manière remarquable par un maire de très haut niveau : Henri Laudier. Par la suite, dans les années qui suivirent la Libération, plusieurs maires se succédèrent, certains resteront quelques mois, d'autres six ans, ils ont laissé leur empreinte, mais il leur a manqué "la durée".
Aussi, l'arrivée en Berry et à Bourges de Raymond Boisdé va marquer à nouveau notre histoire locale. Sans avoir toutefois le recul de l'histoire, il apparaît intéressant de présenter à travers les différentes élections municipales et législatives, ce député puis député-maire qui dirigera la cité berruyère pendant 18 ans.

RAYMOND BOISDE DEPUTE DU CHER

BOISDE DEVIENT MINISTRE

BOISDE ELU MAIRE DE BOURGES

BOISDE AU SOMMET DE SON ART

LA CAMPAGNE ELECTORALE DE 1977

REALISATIONS PAR THEMES DE RAYMOND BOISDE

Tout commence avec les élections législatives de juin 1951, et jusqu'en 1977, il sera, à des postes différents, le véritable patron de la ville, du département, et même de la région Centre dont il sera le premier Président !

RAYMOND BOISDE DEPUTE DU CHER

Raymond Boisdé est un vendéen, né le 15 août 1899, très exactement à Chantonnay. Marié à Edmée Robineau, il aura un enfant, Geneviève (devenue Madame Roger-Henri Chipot)
Il obtiendra sa licence de droit, avant de choisir une école d'Ingénieurs. Il sortira en effet en 1921, Ingénieur de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, appelée communément "Centrale".
Il s'oriente vers les études d'Organisation du Travail et du commerce. Il va allier toute sa vie, des préoccupations d'ordre politiques et techniques. Il écrira de nombreux ouvrages sur le travail et son organisation.

Raymond Boisdé est venu à Bourges pour terminer une carrière politique déjà bien fournie. Il s'intéressait à la mairie. Il avait préparé sa venue en Berry, par une série de conférences, en particulier sur la fiscalité.

Vinrent alors les élections législatives du 17 juin 1951. Elles avaient un mode de scrutin relativement complexe que le troisième cabinet Queuille avait fait voter : la loi électorale des "apparentements". La proportionnelle restait la règle, mais les listes qui "s'apparentaient" à l'avance se comportaient alors comme pour un scrutin majoritaire. En cas de majorité absolue, par exemple, ces listes auraient tous les sièges qu'elles se répartiraient ensuite de manière proportionnelle aux suffrages de chacune d'elle. Cette loi d'une application fort complexe fut très controversée !
La campagne fut âpre, dans le Cher, il n'y avait pas moins de 8 listes. Parmi ces listes, les traditionnelles, comme le P.C., le M.R.P. ou la S.F.I.O., mais aussi l'apparition d'une liste gaulliste appelée R.P.F. A côté, l'U.D.S.R., le R.G.R. les Indépendants et Paysans et même un parti des contribuables.
Deux faits à noter dans la campagne qui ne faisait pas souvent la "une" des journaux locaux. Le premier, c'est la venue le 13 juin 1951 d'André Malraux, venu soutenir l'homme qui avait prit la tête des gaullistes locaux : Raymond Boisdé.
A 21 heures, dans la grande salle Séraucourt, Malraux a attiré la grande foule. Il est présenté comme le Secrétaire Général à la Propagande, ancien ministre. Boisdé commence le meeting, présidé par le général Challe, assisté de madame Weil, conseillère municipale.
M. Boisdé commence en se situant, lui et son "parti", dans la vie politique. Il assure que le R.P.F. n'est pas un parti, qu'il n'est pas apparenté et qu'il a un programme original. En guise d'originalité, il déclare vouloir "assainir les finances, faire des économies, restaurer la santé de l'Etat et enfin il souhaite un apaisement social". Il développe l'ensemble de ces points, avant de conclure :
"Pour être respecté, notre pays doit être respectable, craint et fort".
Il passe alors la parole à André Malraux qui, dans le style inimitable qu'il conservera toujours déclare :
"Il faut juger de Gaulle, non sur le plan des politiciens, mais sur celui de l'histoire. Le gaullisme n'est pas une garantie mais peut être une chance pour la France".

Le second événement de la campagne électorale fut une réunion publique qui opposait 6 responsables de listes du Cher. C'était à la Halle et c'est André Cothenet qui présidait cette réunion qui avait attirée la foule des grands jours.
Il y avait Coffin pour la S.F.I.O. qui reviendra plusieurs fois sur " le R.P.F. et son chef : De Gaulle veut faire revivre une sorte de néo-bonapartisme. ".
Autre orateur, second dans l'ordre de prise de parole, justement le représentant du R.P.F., un nouveau en Berry : Raymond Boisdé. Il sera, semble-t-il assez court dans son propos :
"Les électeurs devront choisir entre une politique d'assainissement et un amalgame de politiques contraires".
D'autres responsables s'exprimeront, dont Jacques Genton pour le R.G.R. qui s'exprime ainsi : "Nous ne représentons personne, si ce n'est nous-mêmes et nos idées", c'est à la fois plein de bon sens, et typiquement berrichon.
Les résultats vont surprendre la classe politique. C'est, sur le plan national, la victoire des extrêmes. Le R.P.F. d'un côté avec 4 millions de suffrages soit 22% est opposé au P.C. qui conserve ses positions avec près de 5 millions de suffrages.
Dans le Cher, Marcel Cherrier est élu. Les socialistes de la S.F.I.O. bien que perdant beaucoup de voix, puisqu'ils passent de 22862 à 16 741, mais ils conservent un siège, celui de Coffin.
Le M.R.P. n'a plus de siège, c'est la déconfiture, il avait obtenu 26667 voix, il lui en reste 7598. Alors les deux sièges vont à deux "nouveaux" : Jacques Genton qui commence sa carrière politique à haut niveau est élu sur une liste R.G.R. et le R.P.F. avec le "parachuté" Raymond Boisdé monte en flèche et envoie ce dernier à l'Assemblée.

BOISDE DEVIENT MINISTRE

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C'est à cette époque que les Berrichons découvrent avec surprise et fierté que le député qu'ils avaient élu deux ans auparavant vient d'être nommé ministre. Le 3 juillet 1953, alors que le typique André Queuille forme son gouvernement, lequel comprend Edgar Faure et François Mitterrand, la liste des 16 secrétaires d'Etat est publiée et, entre les noms de Jules Ramarony à la Marine Marchande, et Philippe Olmi à l'Agriculture, apparaît celui de Raymond Boisdé Secrétaire d'Etat au Commerce.

Dans la présentation, Boisdé figure en photo en première page du Berry Républicain, et un texte décrivait ce nouveau ministre:

"Président de nombreux organismes industriels et commerciaux, Président et délégué Régional à Bourges du mouvement des contribuables, il est membre du Comité Directeur du Conseil National du Patronat Français et secrétaire général du bureau parlementaire du Comité de l'Artisanat".

Le portrait se poursuit avec la guerre de 1914-18, puis celle de 1940 au cours de laquelle M. Boisdé a été lieutenant. En outre, il est membre de la commission des finances à l'Assemblée Nationale.
La première déclaration de M. Boisdé est faite trois jours plus tard, devant le Congrès départemental du Mouvement de Défense de l'Epargne à la Chambre de Commerce, il se dit un "vieux militant du mouvement" et place dans ses priorités le problème fiscal. Il ajoute, devant le maire Louis Mallet, Vivant préfet et le sénateur Durand :
"Le relèvement économique de la Nation exige le concours de l'épargne, mais il faut un certain nombre de conditions. Et la réalisation de ces conditions devra être une des tâches du Gouvernement".

 

BOISDE ELU MAIRE DE BOURGES

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Le 24 février, le Maire Louis Mallet, élu six ans auparavant informe ses concitoyens qu'il renonce à former sa liste, et il diffuse un communiqué dans lequel se retrouve une certaine amertume :
"Je constate avec regret que certains collègues et personnalités ont, à la suite de décisions contraires, délibérément compromis le principe même de mon entreprise et empêché la poursuite de l'élaboration de cette liste".

La campagne électorale est terne, on peut même dire qu'il n'y a pas de campagne, les journaux locaux ne signalent aucune confrontation d'envergure, et les réunions publiques sont rares. Il apparaît qu'un affrontement entre la gauche communiste et la liste constituée autour du député Raymond Boisdé soit inévitable.
Jacques Chouard qui était encore le collaborateur du député du Cher dans les Fédérations textiles et de l'habillement lui suggéra de devenir Maire de Bourges. Il semble que cette fonction ne le tentait pas et madame Boisdé pas plus, trouvant que son mari était déjà suffisamment occupé. M. Chouard m'affirmera :

" Je suis celui qui l'a convaincu, compté tenu que je lui répétais sans cesse que la population de Bourges le réélirait Député s'il était son Maire, et alors que le RPF présentait quelqu'un contre lui. J'ai gagné mon pari et ma suggestion se réalisa".

Une quinzaine de jours avant le scrutin, la presse annonce que Monsieur Boisdé s'est retiré à Paris avec une liste de 68 noms qui se sont déclarés disponibles, il va choisir les 35 candidats de qu'il emmènera "au combat", sous le nom de "liste d'Union Municipale d'Action sociale pour Bourges Grande Ville". Avec M. Boisdé, des anciens, comme René Ménard ou André Cothenet.

Les résultats du premier tour donnent les listes Boisdé et Cherrier au coude à coude, loin devant les autres postulants et se retrouveront une semaine plus tard pour une bataille à deux.
Le docteur Delararre a retiré sa liste sans donner de mot d'ordre.
Au second tour, la liste Boisdé avec 12831 voix sur les 33597 inscrits devance la liste d'Union des Gauche" de 1500 voix en moyenne et le système électoral majoritaire à deux tours permet à Raymond Boisdé d'obtenir pour sa liste, les 35 sièges du Conseil Municipal.
Tête de liste, le député du Cher est toutefois contesté dans son propre camp puisqu'il arrive dernier au nombre de suffrages, puisqu'il a 12204 voix, contre 13062 pour Alfred Depège qui arrive en première position. Comme pour Laudier dans l'entre-deux-guerres, les fortes personnalités sont assez souvent rayées..... par leurs électeurs.
Les lendemains d'élection sont difficiles, pour la première fois depuis l'entre-deux-guerres, il n'y a aucune dose de proportionnelle, selon les grands principes de la Ve Républiques. Contrairement aux élections précédentes, c'est une liste homogène qui entre au Conseil Municipal. 9 Conseillers sortants de gauche ne sont pas réélus.

Les élections au poste de maire ne posent pas de problème majeur, sur les 35 votants, il y a 34 voix pour Raymond Boisdé et 1 bulletin blanc.
Dès son élection, Raymond Boisdé innove, il ajoute des adjoints, créé un "Conseil des Sages", avec la participation de l'ancien Maire sortant.... et sorti, son idée est d'appeler auprès de lui et des autres Conseillers Municipaux à appeler auprès d'eux, certaine personnalités d'un milieu très éclectique, allant du sport aux questions sociales, en passant par une multitude d'autres questions. Ainsi, il veut gérer la ville de Bourges comme une entreprise industrielle, avec le même type d'organisation. Il nommera un adjoint supplémentaire chargé "des relations publiques", il aura en charge le tourisme, les manifestations commerciales, et les tâches de représentation, comme il y en a dans les "entreprises et les grandes administrations", c'est Pierre Rouzé qui détiendra ce poste.

Aux élections municipales suivantes, en 1965, Raymond Boisdé sera réélu aisément face à la liste de gauche de Henri Perrier. Parmi les colistiers du maire figurent des personnalités connues comme Alfred Depège, André Cothenet mais aussi René Henry et Bernard Gourdon les socialistes de la SFIO.

 

BOISDE AU SOMMET DE SON ART

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Raymond Boisdé était au sommet de son art, c'était avant tout un travailleur acharné, Jacques Chouard raconte que lorsqu'il était secrétaire d'Etat au Commerce, le personnel du ministère arrivait chaque matin entre 9 H 30 et 10 H, le Ministre, lui, comme souvent les Berrichons était un homme du matin, et il était à son bureau dès 8 H 30, il était le premier sur les lieux, même après une inauguration en Province d'où il était rentré très tard.
Ses collaborateurs étaient souvent fort fatigués, mais jamais il ne leur aurait fait le moindre reproche. M. Chouard ajoutait : "Toujours très correct, jamais trivial, Raymond Boisdé avait une formation d'ingénieur.... Doté d'une grande imagination, il lançait les projets et seuls ses collaborateurs devaient en assurer la réussite. Il ne manquait jamais de leur rafraîchir la mémoire en temps opportun".

Bourges doit à Boisdé la réalisation de l'ensemble de Bourges-Nord, les Gibjoncs et la Chancellerie, cette "ville nouvelle" de 25 000 habitants. On peut toujours dire qu'un projet n'est pas l'oeuvre d'un homme, mais d'une équipe, et surtout, ces grands projets ont toujours été pensé plus ou moins par des maires ou conseillers précédents.
Dans un autre domaine, Boisdé est l'homme qui permettra les débuts de la Maison de la Culture, et l'implantation de la bibliothèque place des 4 Piliers, et sur le plan industriel, c'est sous son mairat que les décentralisations d'entreprises parisiennes se dérouleront.
Malgré sa forte personnalité, Boisdé ne parviendra pas à implanter l'Université dont il rêvait. Il amènera toutefois une antenne du Conservatoire National des Arts et Métiers et surtout l'IUT, ce sont les premiers pas.

Chacun à Bourges se rappellera aussi qu'il a lancé l'ensemble de l'opération du Val d'Auron, avec ce lac de 80 hectares qui fut l'objet de tant de controverses à l'époque. Il l'inaugurera sous la pluie et dans la boue un jour de février.... ce sera peu de temps avant sa chute.

LA CAMPAGNE ELECTORALE DE 1977

Depuis les premiers jours de l'année 77, les Etats Majors sont sur les dents, il faut préparer les municipales prévues en mars prochain. C'est en février 1977 qu'apparaissent les premières dissensions de la majorité sortante.
Raymond Boisdé qui vient de terminer avec difficulté son troisième mandat se représente pour un quatrième. La maladie et l'usure du pouvoir ont démontré au maire de Bourges qu'il lui fallait trouver un dauphin, il déclara en conséquence qu'il ne se représenterait pas. Il chercha son successeur et trouva un homme dynamique et médiatiquement connu au niveau national : Christian Gérondeau, directeur des services de la sécurité au Ministère de l'intérieur. Sa photo apparaît sur de grandes affiches sur tous les murs de la ville. Avec un homme comme Christian Gérondeau la municipalité resterait entre les mains des "giscardiens".

C'était sans compter avec les dissensions des hommes de droite, voyant cette curée, Boisdé, qui n'avait pas préparé sa succession, se vit contesté dans ce choix de dernière minute, aussi, pour calmer les esprits, il déclara que, finalement, il se représentait.

Ce revirement ne fut pas très apprécié. Le premier à ruer dans les brancards fut Maître Christian Gérigny, qui appartenait au R.P.R. et pensait pouvoir devenir légitimement maire de Bourges. Il déclarait " si Gérondeau est sur la liste Boisdé, je n'y figurerais pas". Dans un autre registre, au "cercle Cujas", avec Maître Corneloup, Jean Marie Nunez et Yvon Mautret feront une liste à part dans laquelle entreront des anciens socialistes comme René Henry, cette liste "Bourges Espoir" était un coup de pied à Boisdé. Seulement, il n'était pas possible de mettre un nom sur le futur maire en cas de victoire. Ce flou portera sans aucun doute préjudice à la liste en cause.

Devant cette incohérence, Christian Gérondeau quitta le Berry laissant trois listes en présence, dont deux pour la sensibilité de droite.

A gauche, une liste dite "d'union de la gauche" est emmenée par un communiste, conseiller général de Bourges Nord et ancien de l'équipe vierzonnaise de Léo Mérigot. Entourant ce communiste, quelques socialistes, dont Jean Roger et des personnalités telles Edmé Boisché, un gaulliste de gauche. Face à la puissance de la droite, sur une ville comme Bourges, monsieur Rimbault et ses amis n'ont pas beaucoup de chance.

Les résultats des élections à Bourges font l'effet d'une bombe pour tous les Berruyers qui n'étaient pas familiers de la politique locale. La liste emmenée par Jacques Rimbault l'emporte très largement avec près de 56% des suffrages, et Raymond Boisdé a perdu. C'est une défaite sévère, mais ce qui est encore plus difficile, ce n'est pas d'avoir été battu par ses adversaires, mais par ses amis. Il ne fait aucun doute que la perspective de remettre à la première place de la ville, une équipe ancienne et usée, a amené beaucoup de rancoeur dans les rangs de la droite locale.
Beaucoup de femmes et d'hommes n'ont pas compris que Raymond Boisdé n'ai pas laissé la place à l'équipe de Bourges-Espoir qui pouvait être une alternative intéressante. Alors, de nombreux Berruyers, pas plus communistes que socialistes, ont avant tout voté contre l'équipe du maire sortant.

Raymond Boisdé va partir, sans doute avec beaucoup d'amertume et d'incompréhension.

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REALISATIONS PAR THEMES DE RAYMOND BOISDE

Les réalisations de l'équipe de Raymond Boisdé, maire de 1959 à 1977, c'est à dire durant 18 ans sont importantes, une analyse synthétique permet de ressortir celles qui semblent essentielles, elles sont classées arbitrairement par grands domaines, avec quelques mots de commentaire.

Urbanisme et logement

C'est le domaine le plus important de l'action du maire de Bourges avec la réalisation d'une "ville nouvelle", Chancellerie et Gibjoncs, une ville de 25000 habitants correspondant à cette époque à une demande essentielle des habitants. Se loger était leur préoccupation majeure.
Les édifications de logements dans de grands immeubles comme cela se faisait à l'époque date de 1964 et se poursuivra jusque vers 1975. (les premières études ayant commencé sous Louis Mallet dès 1957)

Le second lieu de construction fut le Val d'Auron. Afin de recentrer la ville autour du centre Historique, le maire cherchait à créer un lac artificiel avec tout autour la construction d'une nouvelle partie de la ville. Il rêvait "d'un petit Vichy", c'est à dire d'un quartier calme, agréable et……. écologique avant la lettre.

Construction de zones pavillonnaires comme le quartier de Vauvert avec des maisons individuelles et des immeubles, c'était à partir de 1965. Quelques années plus tard, c'est le quartier des Pijolins qui est édifié, ainsi que le début du quartier de Turly (clos des Amandines).

C'est à la fin des années 1960 que le pont d'Auron est doublé, diminuant les longues files d'attente pour traverser l'Auron.

C'est le début aussi de la liaison routière est- ouest dite du boulevard de l'Avenir.

Réalisation du parking Cujas, en 1976 avec démolition des bâtiments de l'école des Beaux Art et transfert de celle-ci à l'emplacement du lycée Alain Fournier.

Enseignement et université

Professeur d'enseignement supérieur, ingénieur et spécialiste de l'organisation du travail, Raymond Boisdé va beaucoup œuvrer dans le domaine de l'enseignement supérieur. Il va amener à Bourges en janvier 1960 un Centre Associé du CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) qui existe toujours.

Le 30 octobre 1961, le conseil municipal décide la création de l'Ecole de Droit de la Ville de Bourges.

Puis, dans le cadre du Plan, qui était alors un des grands éléments de la stratégie gouvernementale de l'époque, il va implanter l'IUT, Institut Universitaire de Technologie qui ouvre ses portes en novembre 1968 avec, assez rapidement, 3 départements (Génie mécanique, Gestion des Entreprises et génie Civil.

Sur la lancée, et cela était prévu, il tentera d'obtenir l'école d'Ingénieur. Ce sera un échec qui l'affectera beaucoup.
Pourtant dans les années 1970 une antenne de l'école d'ingénieurs d'Orléans, l'ESEM, avec la filière "transports et propulsions" sera implantée à Bourges et de nombreux ingénieurs en sortiront pour être employés à l'Aérospatiale.
Cette antenne retournera à Orléans au début des années 1990.

Toujours sur le plan de l'enseignement, c'est à Raymond Boisdé que Bourges doit son lycée agricole, implanté à Bourges Nord dans la zone des Gibjoncs dans la décennie 1960. Les acquisitions de terrains se déroulent en 1965 et en 1968 le lycée est totalement opérationnel.

Construction du lycée Alain Fournier pour remplacer le petit lycée situé rue Branly, et qui sera inauguré le 29 octobre 1966 par le premier ministre Georges Pompidou.

Construction de l'école des Merlattes dans la fin des années 1960, avec 10 classes primaires et 2 de maternelle.

Construction du lycée Pierre-Emile Martin et du LEP Calder qui sont inaugurés en février 1961.

La culture à Bourges

C'est peut être dans le domaine de la Culture que Raymond Boisdé est le plus respecté. En effet, la Maison de la Culture de Bourges, c'est son œuvre et sa volonté. Ses bonnes relations avec André Malraux ayant facilité les choses, il fait terminer l'intérieur de la "salle des fêtes" de Laudier, puis en 1963 créé la Maison de la Culture telle qu'elle existe encore aujourd'hui..

C'est sous Raymond Boisdé que sera crée le GMEB. Le sigle est barbare et difficile à prononcer, c'est le Groupe de Musique Expérimental de Bourges avec Françoise Barrière et Christian Clozier, et dès 1973 sera organisé un concours international de musique Electroacoustique.

Moins connu et parfois controversé, le Printemps de Bourges a été conçu sous le mairat de Raymond Boisdé. En effet, la manifestation de prélude du Printemps, eut lieu à la Halle au blé, c'était un spectacle de 3 jours de chansons françaises en septembre 1976 avec pour organisateurs, Meilland, Dechico et Colling, les deux premiers venant de la Maison de la Culture.
Le premier Printemps se déroula en avril 1977, quelques jours après la défaite de Boisdé aux élections, le Printemps de Bourges devenant alors l'œuvre de Rimbault.

Entre urbanisme, patrimoine et culture, un des éléments les plus important pour la ville de Bourges fut la constitution d'un secteur sauvegardé. La loi Malraux est de 1964 et immédiatement, Raymond Boisdé se mit sur les rangs et obtint le 18 février 1965, 64 hectares de secteur sauvegardé. Un des premiers et des plus vastes secteurs de France.

Réalisation d'une vraie bibliothèque municipale dans l'Hôtel du docteur Témoin, place des 4 Piliers. Ce projet datait de 1957 et soulevait de nombreuses critiques, mais finalement, la bibliothèque entrera en fonction en septembre 1964 remplaçant celle, vétuste de l'Hôtel de Ville.

Restauration du couvent des Augustins qui était à l'abandon.

L'industrie et le commerce

Le fait qu'il était parlementaire influent, et avait été ministre, permettait à Raymond Boisdé de travailler sur des dossiers industriels en vue de faire venir à Bourges et dans le Cher des industries nouvelles.
C'était l'époque de la décentralisation voulue par le pouvoir parisien et la volonté d'alors de la DATAR.
Il va réussir plusieurs opérations à Bourges, celle de Fagersta (aujourd'hui Séco tool) qui s'implante avenue de la Prospective avec 70 emplois, puis les Ets Weinberg qui se décentralisent de Paris et emploient 500 personnes. Dans le Cher, de 1958 à 1971, ce sont une quinzaines d'entreprises importantes employant plus de 3000 personnes qui sont décentralisées de la région parisienne dans le Cher.

C'est aussi en 1972 que commence la première délocalisation de Châtillon vers Bourges de la SNIAS (Aérospatiale) avec la construction et du centre du Subdray et l'arrivée de plusieurs centaines d'employés parisiens dans l'agglomération berruyère.
L'ESAM, qui est arrivée à Bourges après guerre a eut une existence plutôt désordonnées avec des restructurations, mais en 1965, une partie de l'activité qui était allée à Fontainebleau en revient.
Construction des bâtiments modernes de l'ETBS qui sont inaugurés lors du centenaire de 1972.

Inauguration en décembre 1972 de la nouvelle aérogare, réalisée par le CCI en bordure de la route de Saint Florent.

Sur le plan commercial, en 1963, c'est la création de la chaîne Major - Unidis réalisée par 4 grossistes locaux. Plus tard, Carrefour, l'hypermarché, s'implante à Bourges dès 1969, sur une zone aux limites des marais.

Le sport

Le sport ne semble pas avoir fait partie des passions du maire de Bourges de l'époque. C'est pourtant lui qui va réaliser le premier parc des sports de la Ville à Séraucourt. L'idée première date de Laudier qui avait un projet sur l'ancien champs militaire en bas de la place Séraucourt.
Boisdé réalisera un véritable complexe sportif avec football, athlétisme et rugby, inauguré le 30 août 1964.

Bourges ne possédait pour faire de la natation que la piscine Robinson, c'est Raymond Boisdé qui lance dès 1963 les premières études pour construire un grand Centre Nautique. Ce sera le Centre Nautique des Prés Fichaux est inauguré le 15 juin 1968.

La construction du Palais des Sports du Prado est l'œuvre de Boisdé, le projet initial date de 1963 et il se réalisera malgré des difficultés financières dues à l'arrivée tardives des subventions.

Construire n'est pas tout, Boisdé va aussi créer en 1966 le FCB, Football Club de Bourges en réunissant les deux clubs locaux antagonistes, le Foyer Saint François et le Racing Club de Bourges. Boisdé en sera le premier président.

En 1973, le ministre des sports, Pierre Mazeau vient à Bourges pour l'inauguration du dojo, il parle de Bourges comme de la ville "la plus sportive de France".

Organisation des "Relais Jacques Cœur" une compétition d'athlétisme internationale de type "relais" qui durera plusieurs années avant de sombrer….

Autres réalisations

Jumelage en 1966 de Bourges avec la ville allemande d'Augsbourg, la première ville jumelée Peterborought étant l'oeuvre de Louis Mallet.

Construction et implantation de la station météo de Bourges route de Saint Florent en 1967.

Construction de l'immeuble de la Sécurité Sociale boulevard de la république qui est inauguré le 17 septembre 1968.

Réhabilitation de l'Hôpital de Beauregard avec la suppression de ce qui s'appelaient les cellules.

Inauguration le 16 juin 1972 de la maison de retraite de la roseraie à Bellevue, un édifice dû à l'architecte Feret.

Construction de l'Auberge de Jeunesse, en octobre 1967, à proximité du parc Saint Paul. Un projet d'agrandissement en 1982 ne sera pas mené à bien.

Construction de l'école d'infirmières dans le quartier de la gare.

 

Les Projets de Raymond Boisdé

Parmi les projets dont les études commencent sous Boisdé on trouve des édifices ou des structures qui seront construits rapidement et d'autres qui … attendront.
- La Trésorerie générale située Place Saint Catherine.
- La Chambre de Commerce sur l'Ilôt Victor Hugo……
- L'extension des bâtiments de l'Hôtel de Ville
D'autres projets sont dans les cartons comme la gare routière place Parmentier,


Une rue Raymond Boisdé a été donnée à Bourges par le Conseil municipal du 16 décembre 1982.

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Les Templiers
Les élections à Bourges au XXe siècle
Les Très Riches Heures du duc de Berry
les villes jumelles
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Les francs-maçons
Kiosque et musique
Agnès Sorel
L'horloge astronomique
Les tramways de Bourges
L'Yèvre à Bourges
L'alchimie
La Bouinotte, magazine du Berry
L'usine Michelin
La maison de la Reine Blanche
Serge Lepeltier
L'industrie à Bourges au XXIe s
Monuments Historiques Classés
 

Et puis une nouveauté : L'information et l'actualité à savoir sur Bourges, en quelque clip et quelques lignes :

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