Bibliothèque et médiathèque- Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

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BIBLIOTHEQUE ET MEDIATHEQUE A BOURGES
Par Roland NARBOUX

La bibliothèque et la médiathèque de Bourges, éléments culturels essentiels, avec les origines de trois lieux en 300 ans.

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Version 2014

 
Une ville se caractérise aujourd'hui par la qualité de ses structures culturelles, et à Bourges, la notion de bibliothèque et aujourd'hui de médiathèque est un élément important pour l'ensemble de la ville. C'est l'histoire de la BIBLIOTHEQUE, puis à partir de 1994 de la MEDIATHEQUE qui est racontée dans cet article.
 
 
LES ORIGINES DE LA BIBLIOTHEQUE DE BOURGES
 
La première bibliothèque de Bourges date de 1662, car l'archevêque de Bourges Anne de Lévis de Ventadour lègue alors sa bibliothèque personnelle qui était très importante au chapitre de la Cathédrale.
Puis Monseigneur de La Rochefoucault fait la donation de ses propres ouvrages, et c'est ainsi que le palais des Archevêques, possédait jusqu'à la Révolution près de 40 000 volumes, il y en avait partout ! (4 salles au rez de chaussée, et dans les combles)
Il faut dire que le collège des Jésuites et le séminaire Condé avaient aussi donné leurs propres ouvrages.
C'est cette masse de livres qui va servir au fonds de la bibliothèque du département du Cher.
L'ensemble est confisqué à la Révolution et ce n'est qu'en 1806 que cette bibliothèque devint vraiment municipale.
mais elle restera dans le palais des Archevêques jusqu'en 1871.
Il faut dire que les conditions de conservation n'étaient pas optimales, sol parfois en terre battue, fenètres qui fermaient mal, et puis les vers et autres rongeurs se nourissaient des oeuvres parfois célèbres du Moyen Age.
 
incendie 1871 palais archiépiscopal de BourgesTout se termine dans les flammes de l'incendie du palais des Archevêques le 24 juillet 1971, et si 20 000 livres sont sauvés par les artilleurs venus en renfort, l'eau va en détruire et en abimer une très grande partie.
Et comme ce qui avait été sauvé fut lmis dans les combles de la cathédrale, les dégâts se poursuivirent et une grande quanitué d'ouvrage disparut aussi.
 
La mairie décida alors de mettre les livres restant dans un hôtel particulier, l'hôtel Aubertot, au 4 rue d ela Monnaie, et si le conservateur Hypolite Boyer fit pour le mieux, les conditions n'étaient pas meilleures que dans le palais de l'archevêque.
Au début des années 1960, il n'y avait plus de place, et il fallait trouver un autre lieu.
La municipalité va saisir une opportunité avec l'hôtel particulier du docteur Témoin.
 
 

BIBLIOTHEQUE DE BOURGES : L'HOTEL TEMOIN :

Au début du XX e siècle, la bibliothèque municipale de Bourges était située rue de la Monnaie, dans une maison vétuste tout à côté de l'Hôtel de Ville. Lorsque la municipalité prit possession du Palais de l'Archevêque en 1913, on chercha un lieu plus décent pour héberger cette bibliothèque. En 1956 meurt le docteur Daniel Témoin qui était un grand homme de notre Berry.
Au cours d'un voyage à Anvers, il avait visité un musée aménagé dans un immeuble qui avait été transformé. Cela l'avait frappé et lui avait donné l'idée de faire don à la ville de son hôtel pour y installer la bibliothèque.

Le docteur habitait un magnifique Hôtel particulier place des Quatre Piliers, il était de style Louis XV en façade et avait été construit en 1744 par Pierre Guyard puis embelli dans ses décorations , en particulier les boiseries avec des scènes myhologiques par la famille de Pommereau au tout début du XIX ° siècle nous dit Jacques Bonnet.

Dans les propriétaires, se trouve aussi le docteur Boin qui était député du Cher, puis à Eugène Brisson qui était banquier et maire de Bourges, avant de le vendre au docteur Témoin.

Il fit don de cet ensemble immobilier en 1947, à condition express que l'on y installât une bibliothèque. Ce legs fut accepté par la municipalité et les études commencèrent.

Le transfert de la Bibliothèque Municipale dans ce lieu fera l'objet de très vives critiques de la part de plusieurs Conseillers, dont le Docteur Delamarre. En février 1957, il est demandé à la municipalité un vote sur ce transfert. C'est qu'aujourd'hui, comme dit le contestataire, "nous devons résoudre en 15 jours un problème qui est posé depuis 44 ans !" car il faut donner un accord au ministère avant le 20 février. C'est en effet en 1913 que le problème commence à être étudié, et il s'agit, en cette année 1957, de clore le débat et de décider.

Ce 4 février 1957, les Conseillers municipaux sont donc informés que M. Masson, Inspecteur général des Bibliothèques de France, a visité les lieux le 29 octobre, avec le maire, Louis Mallet, et Marcel Pinon, l'architecte, afin de connaître les contraintes techniques et financières. Le projet est accepté par M. Masson, qui promet de faire participer l'Etat à hauteur de 35% des dépenses. Le débat va s'envenimer à la suite de l'intervention "musclée" de Monsieur They qui déclare :

".... Cette affaire, sur le plan technique, est une très mauvaise affaire. l'immeuble est d'un accès difficile, il n'existe pas de parking à proximité,...... l'immeuble est adossé au cinéma, le danger d'incendie existe. L'accès à la salle de lecture, par exemple, se fait par un escalier placé au fond d'une galerie interminable, il y a lieu de prévoir des escaliers de secours, cela coûtera fort cher."


Et M. They de poursuivre mettant en avant que le conservateur actuel étant célibataire, il serait facilement logeable, mais on verrait mal une famille logée dans deux petites pièces mansardées.
Lorsque le coût prévisionnel, de 40 millions de francs, est annoncé, c'est à nouveau la fronde, et M. Delamarre déclare "que nous n'avons qu'à refuser purement et simplement le legs qui nous a été fait". Et plusieurs conseillers proposent d'autres lieux, car il est impératif de dégager le lieu d'alors de la bibliothèque, pour l'extension des P.T.T. dans la partie téléphone, rue de la Monnaie.
Monsieur Bobo va tenter de faire revenir ses collègues sur ce refus, alors que d'autres cherchent des solutions de replis, comme la construction d'une bibliothèque neuve, tout en conservant dans l'Hôtel Témoin, des ouvrages sur le Berry.
Ces controverses vont bien entendu apparaître dans la presse, et M. Cothenet signalera que les héritiers "ont été peinés de voir que l'on semblait avoir minimisé l'importance d'un sacrifice consenti sur leur patrimoine".

Le débat se poursuivra et, le 25 février 1957, la discussion sera encore fort longue, à la fois technique et sentimentale, mais chacun s'aperçoit qu'il n'y a pas d'autre solution possible à court terme. Le conseiller Legrand signale que Bourges manque de trottoirs, n'a pas de Lycée, ni de Collège Moderne... mais que l'installation de la bibliothèque dans l'hôtel Témoin est la seule solution raisonnable possible.

Ce jour-là, le maire demande à chacun de voter, et c'est par 31 voix contre 2 que la Bibliothèque Municipale sera installée dans l'hôtel du docteur Témoin, ce dernier n'ayant sans doute pas prévu que ce legs donnerait lieu à tant de discussions.


C'est en 1960 que les travaux d'aménagement commencèrent, ainsi que les constructions pour les réserves des livres. La municipalité d'alors acheta le cinéma "Rex" et quelques terrains adjacents. Le cinéma représentait, pour beaucoup, un danger, car il était très proche des milliers d'ouvrages qui devaient y être stockés, et une telle présence dans une ville propice aux incendies recommandait la prudence. Les travaux durèrent 4 ans. Parmi les entreprises qui vont y participer, on trouve essentiellement de petites P.M.E. locales comme Durand, d'Avord, pour la maçonnerie, Hemery pour la couverture ou encore Doré qui aura en charge l'électricité.

Le 8 septembre 1964, à 11 heures 30, M. Julien Cain, directeur général des bibliothèques, venait à Bourges afin d'inaugurer la nouvelle bibliothèque. Il y avait là, Monsieur Jean Escande, Préfet du Cher, Raymond Boisdé, Député-Maire, ainsi que Marcel Pinon, l'architecte responsable de la transformation de l'hôtel en bibliothèque. Parmi les personnalités, la presse locale signalera la présence "des filles du docteur Témoin", c'est-à-dire Mmes Brugère, de Gallard et de Rousiers.
Dans son allocution, et devant 200 invités, M. Boisdé s'exprimera ainsi :

" Nous sommes fiers de cette oeuvre qui a conservé la noblesse, la délicatesse, la grandeur de cette demeure du siècle de Louis XV et qui, d'autre part, offre toutes les possibilités, tant pour les Berruyers qui fréquentent la bibliothèque, que pour ceux qui auront à la gérer".


Il ajoutera, après avoir noté la présence dans la cour d'une belle sculpture intitulée "Lecture", représentant un groupe en cuivre repoussé, oeuvre de Robert Barriot :

"... Grâce au mécénat, un bel hôtel berruyer du XVIIIe siècle abrite désormais les riches collections de la bibliothèque...... Les 6 kilomètres de rayonnage sont suffisants pour le demi-siècle à venir".

De son côté, Monsieur Julien Cain, fera un discours, en rendant hommage à un certain nombre de personnalités présentes, dont Monsieur Jenny, bibliothécaire et maître de ces nouveaux lieux. Il poursuivra par ces mots très chaleureux en faveur de la ville :

"Bourges veut lier le respect des valeurs du passé et la volonté de répondre aux exigences du monde moderne"

Il souligne le rôle très actif de Maître Cothenet, "numismate et ami des arts", qui a beaucoup fait pour cet édifice, il a des mots aimables pour Raymond Boisdé et l'architecte Pinon.



Les explications techniques sont alors fournies, il y a 4000 ouvrages dans la salle et 6 à 7000, plus anciens, qui sont entreposés dans les réserves. Au fond de la cour seront placés les livres pour la jeunesse, c'est une question de mois.....
La salle de lecture est richement ornée, c'est un ancien salon de musique, avec une belle cheminée sculptée. Elle comprend 33 places assises, auxquelles s'ajoutent 9 places dans la galerie "et 4 dans la salle dite des érudits".

Bulletin des bibliothèques de France par Jean Jenny , nov. 1964 BY 6033
Bulletin Municipal Officiel de Bourges de 1960 à 1964

Le temps passa......

La bibliothèque municipale restait donc pendant une trentaine d'années dans l'hôtel du docteur Témoin, place des 4 Piliers, et si la section "jeunesse" était un lieu familier des petits berruyers, pour les adultes, il fallait qu'ils se contentent de quelques livres entassés dans une salle exiguë. Une bibliothèque un peu élitiste dans la salle du haut, avec des milliers d'ouvrages sur Bourges et le Berry,.. au Moyen Age. Telle était la perception de la population.

La bibliothèque ne correspondait plus aux attentes des lecteurs d'aujourd'hui, telle était le constat de l'équipe municipale et de Philippe Goldman, l'adjoint chargé de la Culture. Se développent alors l'ouverture du Val d'Auron, puis l'annexe des Gibjoncs, le portage de livre à domicile, l'informatisation … etc.

Et vint la médiathèque

 

LA MEDIATHEQUE DU PARC SAINT PAUL


Le lieu choisi pour implanter une bibliothèque d'un genre nouveau appelée médiathèque est le Parc Saint Paul, une continuité des idées d'Henri Laudier dans les années 30 ! C'est un pôle culturel fort de Bourges. Le projet de construction est confié le 28 juin 1990 au Cabinet d'Architecture Carré d'Arche, le montant estimatif est de 27 millions de francs, auquel il faudra ajouter la construction d'un restaurant.
A la place d'un hall et de baraquements obsolètes, commencent en 1991 les travaux.

MédiathèqueLes Berruyers sont surpris en mai 1992 lorsque le chantier s'arrête, le gros œuvre est bien avancé, mais plus aucun travail. L'explication de Philippe Goldman est un peu embarrassée, "l'entreprise a été plus vite que prévue dans son chantier…." Suivait une histoire de grue que l'entreprise n'a pas voulu démonter et elle a terminé sa part de l'année 1992 dès le mois de mai. A la fin de l'année 1992, la presse indique que la médiathèque ouvrira en avril 1994.


Comme souvent, le coût de l'édifice flambera, il passera de 31 MF à 40 MF .

Les Berruyers découvrent ce lieu avec beaucoup de bonheur. Ils vont voir ce qu'est une médiathèque, c'est à dire selon Elizabeth Dousset, conservateur des bibliothèques de Bourges,

"un lieu où se trouvent rassemblés différents moyens de loger des informations : livres, disques, vidéocassettes, et plus tard CD-ROM…. En bref, c'est une bibliothèque qui offre au public les supports de la connaissance".


Le public qui entre pour la première fois dans ce lieu est surpris par la qualité de l'espace, la lumière et surtout par des quantités d'ouvrages et de revues, disponibles pour chacun et que l'on peut feuilleter. Plus de 50000 livres pour adultes sont en libre accès sur les rayonnages, 13000 pour la jeunesse, auxquels s'ajoutent 10 000 disques, 3000 vidéocassettes et 150 périodiques.

C'est une structure qui a immédiatement les faveur du public, et le succès est considérable.

 

Pour un habitant de Bourges, le tarif est à l'époque de 150 F par an pour des emprunts de tous documents.

Parmi les "parrains de la médiathèque, inaugurée par Jean Claude Sandrier, maire de Bourges, le 26 novembre 1994 figurent des personnalités comme Maurice André, Jean Ferrat ou Albert Jacquard. Sur trois niveaux et 4000 mètres carrés, la médiathèque représente depuis cette date une des structures les plus appréciée des Berruyers.

Depuis cette date de 1994, la technique a évolué, avec de nouvelles technologies comme les CD et autres DVD qui remplacent progressivement les cassettes et autres vidéos. Et puis le développement d'Internet a nécessité une stratégie nouvelle. Une douzaine de postes INTERNET ont été ouverts à la médiathèque, avec une consultation gratuite de 3 heures par semaine.

Mais l'arrivée d'Internet dans les foyers des berruyers a provoque aussi une certaine désaffection des gens qui fréquentent moins cette structure qui propose en 2005 :

100 000 documents en tout genre.

53 000 livres pour adultes
17 000 livres pour enfants
12 000 vidéos (dont 1000 sur DVD)
14 000 disques
200 titres de revues.
 
Mme Doucet déclarait récemment à Frank Simon :
 
"La culture est une histoire d'amour et pour séduire, il faut se fréquenter".
 
Quelques visiteurs illustres qui ne furent pas très nombreux, on va citer :
- en 1838, le 22 septembre, Jules Michelet.
- en 1837, Stendhal qui dit qu'il a trouvé " Trois lecteurs perdus au milieu de tous ces vieux bouquins, plus propres à arrêter l'essor de l'esprit humain qu'à lui donner des ailes".
Par contre, il a été impressionné par le bibliothècaire, Chevalier de Saint Amand.
- 1838 : Mérimé qui trouve que la bibliothèque "est fort mal placée dans les salles basses et humides de l'archevêché".
- 1849, Lamartine qui va laisser un de ses portraits dédicacé.
 
 

à suivre,

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