archéologie - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

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L'ARCHEOLOGIE A BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges,et l'archéologie s'invite régulièrement dans tous les projets de la ville. Est-ce nouveau ? sans doute pas, mais cela devient pour certains préoccupant.

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Version 2016

 

L' Archéologie a Bourges

L'archéologie à Bourges fait l'objet de controverses, pour les uns, en particulier les agents immobiliers et autres promoteurs, il s'agit d'un servie de l'Etat qui empêche tout simplement de réaliser des projets de lotissements ou de grands immeubles.
Pour les autres, c'est une nécessité de savoir, c'est une science importante et indispensable pour connaître notre passé.
Travail méticuleux, à Bourges, l'archéologie au fil des années est devenue un point clé dans de nombreuses opérations.

les grandes fouilles archéologiques

Les grand anciens :

A Bourges, c'est à la fin du XIX ième siècle que l'archéologie commence avec des "amateurs" qui sont souvent de vrais savant. Ils cherchent, c'est le cas de Buhot de Kersers, de Jules Dumoutet ou de Chaînon de Léché.
On mettra a jour la Fontaine monumentale, on n'en a rien fait !
Plus tard, le maire de Bourges André Cothenet va lui aussi s'intéresser à l'archéologie avec un axe favori sur les pièces anciennes.
Ils passent leur temps à côté de leur travail à savoir ce que le Berry et la ville de Bourges étaient dans les temps les plus lointains.
Il s'agissait de gens passionnés, ce n'était pas un métier, mais une passion pour notre histoire.
Dans les dernières études, la Maison de la Culture et le Palmarium. (1938 ?)

La période moderne :

Il faut attendre la seconde partie du XX ième siècle pour voir arriver de vrais professionnels de l'archéologie à Bourges.

Les chantiers des années 1980 :

Le nouvel Hôtel de Ville de la rue Moyenne :
Les Jacobins
La clinique Lebrun
L'Hôtel de Bourbon
La rue Littré

Lorsque se précise le projet pour en faire un hôtel, ce fut le scepticisme général, comment tirer quoi que ce soit de ces quelques murs encore en place ? le débat va provoquer une colère de l'adjoint à la Culture, Philippe Goldman qui s'insurge, non pas contre une réhabilitation de l'édifice, étant " très favorable à la réutilisation du bâtiment", mais sur le fait que "le site aurait mérité une fouille archéologique, il contient un substrat de l'époque gauloise. Il a été ensuite occupé par l'abbaye Saint-Ambroix. Et comme historien local, il terminera son propos par ces mots sans nuance : "c'est un saccage archéologique et un ratage architectural".

Les chantiers des années 2000 :


Port Sec Nord : Esprit 1 avec le 5 ième siècle av JC.
Port Sec Sud
Avaricum

Les chantiers non réalisés

Paradoxalement c'est le manque de parking en Centre Ville qui reste la préoccupation numéro un des Berruyers. Le parking Mairie à peine terminé, il manque encore du stationnement tant l'accroissement du nombre de voitures est important. L'opposition, et en particulier Serge Lepeltier plaide pour un parking sous la place Cujas. En mars 1991, à la surprise générale, Jacques Rimbault qui évoque de futurs parking à Saint-Bonnet et à Avaricum trouve que faire un parking sous Cujas, " ce n'est pas idiot", et il ajoute "c'est possible surtout quant on est en train de faire le tunnel sous la manche…. Et d'en faire la relation avec Avaricum". Sur cette affaire de Cujas, Gilbert Camuzat est plus prudent que son chef de file, il ajoute à l'attention des commerçants "et je le dis sans animosité, que, s'il y avait un si grand besoin de places de parking en centre-ville, il me semble que les unions commerciales auraient pu utiliser un peu plus d'un point de vue proportionnel, ces 330 possibilités de stationnement".
Parmi les difficultés de l'époque, se situe l'épisode de la construction de l'hôtel de Bourbon. Il s'agissait d'une ruine, régulièrement squattée et qui appartenait à la Ville, laquelle ne savait trop qu'en faire.

 

Les fouilles sur Avaricum battent leur plein, l'équipe de Jacques Troadec (Bourges Plus) a trouvé sur le site d'Avaricum (environ 7000 mètres carrés), des tanneries récentes (quelques siècles), mais aussi du gallo romain, et du bas moyen âge (les carolingiens berrichon !).
Suite à un diagnostic archéologique réalisé par le service Archéologie de la Communauté d'agglomération Bourges Plus et remis à la Ville de Bourges, un arrêté du Préfet de Région du 8 janvier 2008 a prescrit la réalisation de fouilles archéologiques préventives
identifiant trois zones de fouilles pour une superficie totale d'environ 7 400 m2.

Par un arrêté du 22 avril 2009, le Préfet de Région a validé le mode opératoire de fouilles Des thermes romains à Avaricum.
En novembre 2009, c'est la stupeur, les archéologues ont trouvé des termes gallo-romain sur Avaricum.

Les fouilles du site d'Avaricum se sont déroulée de mai 2008 à septembre 2009 et surprise, les archéologues ont mis au grand jour des thermes romains datant de la fin du Ier siècle après J.-C.
Il s'agit selon les spécialistes d'une découverte majeure d'un ensemble thermal est rare en Europe.
Un archéologue nous confiait :
" Pour nous, il était prévus l'existence de vestiges médiévaux mais en aucun cas, nous ne pensions à la présence d'un site de l'époque gallo-romaine."
Dans les prochaines semaines, le Préfet de Région devrait délivrer un rapport sur les suites du dossier des fouilles archéologiques.
Pour le maire de Bourges, les fouilles archéologiques d'Avaricum se sont terminées pour la première phase des fouilles et selon le maire de Bourges, il y a eu des "découvertes exceptionnelles qui ont été faites".
Hier : Avaricum, son parking et son centre commercial,
Demain, Avaricum, ses termes romains.

En fait, ces termes ne sont pas de grande ampleur et les recherches suivantes d'un coût de 2,4 millions d'euros ont mis à jour des éléments du moyen âge.

Les problèmes d'aujourd'hui :

Les fouilles évoluent et il y a un double besoin, celui des archéologues qui veulent connaître le passé, plus ou moins lointain, et les aménageurs, publics ou privés qui ont un impératif besoin de construire une maison, un centre commercial ou une route.

Il faut trouver le compromis, car c'est très dangereux :

- ou bien l'archéologue a tous les pouvoirs, et dans ce cas, l'aménageur n'a plus de délais pour son projet, et surtout sur le coût de ces fouilles car ce n'est pas l'Etat qui paie mais l'aménageur.

- Des projets ne se feront sans doute pas, il y a une auto censure de projets, tel architecte ne fera pas de sous sol ou de parking souterrain car il ne sait pas où il va.

- le coût peut empêcher des projets comme l'école Avaricum, pour des logements sociaux, il n'est plus possible de financer des fouilles archéologiques.

- Il faut anticiper, c'est le cas de Port Sec Sud (ou Esprit 2) avec le 5 ième siècle av JC, et là, donner du temps, 6 ou 8 ans dans ce cas.

- oui au diagnostique, mais attention sur ce qui se fait ensuite, A Bourges, du gallo romain, il y en a beaucoup, comme dans de nombreuses villes, quant au médiévale, creusez dans n'importe quel jardin berruyer et vous trouverez une petite cuillère.

Centre commercial Avaricum et Maison de la Culture :

    Haro sur les archéologues en 2012, "qui ont une fois encore pris Bourges en otage", c'est ce qui ressort actuellement des conversations que chacun peut entendre rue Moyenne ou sur la place Cujas.
    Beaucoup ont noté que c'est le troisième projet que l'archéologie fait plus ou moins capoter. Il y a eu le parking souterrain Cujas, puis Avaricum et son centre commercial et aujourd'hui la maison de la culture.Cela fait beaucoup, cela fait trop, et cela signifie qu'une ville historique ne peut plus se développer et ne peut que devenir "une ville musée".
    le coup est rude.
    D'autant que pour le contribuable, l'archéologie commence à coûter très cher. Il y a eu 2,5 millions d'euros pour les fouilles d'Avaricum, 1,5 pour la rocade Est, et il faudrait 5 millions pour la Maison de la Culture !
    Et sans compter plusieurs millions d'Euros sur Esprit 1 et 2.
     
     
    Tout ceci parce que le préfet de Région demande des fouilles archéologiques et que le ministère a fait les arbitrages : il faut fouiller.... a dit le (la) ministre ) alors que chacun sait depuis des lustres ce qui est sous la célèbre maison, car il y a eu des fouilles autrefois.
    Si tout va bien, le délai sera allongé de plus de 2 ans, et le coût qui était déjà considérable, près de 20 millions d'Euros sera augmenté de 5 millions.
    Une situation ubuesque et totalement inacceptable pour les Berruyers.
    Parmi les recherches de solutions, faire la Maison de la Culture ailleurs, sur un terrain, de plein pied, sans creuser le moindre centimètre ... et avec un concept assez proche de ce qui a été fait pour l'Ecole de musique et de danse.

Fouilles à l'hôpital Baudens

 

La dernière campagne de fouilles réalisées en 2009 sur le site de l'ancien hôpital Baudens a permis de mettre à jour une fosse contenant des ossements d'animaux, des fragments d'amphores et de meules, ainsi que quelques objets en fer datant de la période de l'Antiquité gallo romaine (époque augustéenne).

Les précédentes fouilles effectuées en 2000-2001 avaient permis d'identifier des fosses-ateliers de l'âge de Fer. L'îlot Baudens et ses environs étaient ainsi occupés durant le Vème siècle avant Jésus Christ par des concentrations d'ateliers regroupés en petites unités de 2 ou 4 structures ou par des sépultures fastueuses. De nombreuses chutes de travail d'os et d'épingles en os ont été découvertes. La présence de potiers dans ce secteur de l'agglomération est également envisageable.

Des opérations de fouilles ont par ailleurs permis de mettre à jour quelques restes de demeures privées datant de l'époque antique. Ces maisons constituaient un faubourg occupé par des artisans. Il semble enfin que certains secteurs étaient dévolus à la culture des vignes.

Fouilles des pentes de Séraucourt

Elles commencent en novembre 2016, après deux ans d'une lutte sévère entre les écologistes (certains écologistes) et la mairie, car il s'agissait de construire la nouvelle maison de la Culture.

Ce sera l'abattage des arbres avant les fouilles.

      C'est fait, les 80 arbres de Séraucourt sont à terre.
      C'est le mercredi 12 octobre, qu'après avoir sécurisé la zone avec plus de 50 CRS, de puissantes machines se sont mises en place et en une journée, tous les arbres étaient à terre : sur le plan technique, c'était impressionnant !
       
      Au départ, une petite trentaine de manifestants, pacifistes, ont montré leur mauvaise humeur, mais sans plus. Pas d'incidents : comme souvent, le Berry reste calme.
      Et puis les Berruyers qui ne savaient pas trop ce que serait cette zone sans "ses" arbres, ont découvert un bel espace avec tout de même des arbres sur la place, rien de très choquant pour beaucoup, d'autant qu'une trentaine d'arbres devraient être replantés ... vers 2019.

Les bulldozers vont entrer en action et ensuite laisser la place aux archéologues.

 

fouilles archéologiques de Bourges Séraucourt

 


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