animaux en ville - Bourges Encyclopédie -

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES

LES ANIMAUX DANS LA VILLE DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges, comprend des animaux "sauvages" dans la ville, c'est une belle curiosité pour qui sait regarder et observer.

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Version 2009

 
Les animaux insolites de la ville… de Bourges, c'est à la base, un article paru dans le magazine La Bouinotte, il a été écrit avec l'aide très précieuse de Laurent Arthur et Michèle Lemaire du Muséum de Bourges.
 
 
Les animaux qui font la " une " de l'actualité a Bourges, aujourd'hui et de manière massive sont généralement des chiens et des chats. Ce sont les premiers qui font le plus parler… ou jaser. Il ne s'écoule pas une réunion publique de quartier sans que la population se lamente sur les déjections canines qui " inondent nos trottoirs, mon pauvre monsieur " et de poursuivre avec le célèbre : " et que fait le maire ? ", alors qu'une vielle dame au fond de la salle ajoute d'un forte voix : " mais que fait la police municipale ? ".
 
Pourtant ce ne sont pas de ces charmants animaux, chiens et chats, que la Bouinotte a décidé aujourd'hui de vous entretenir. Ce sont des animaux plus insolites que chacun peut observer dans la ville de Bourges.
Autrefois, et ce n'était pas aux temps lointains de Jacques Cœur, les loups entraient dans la ville, la chronique locale affirme qu'il y en a eu encore beaucoup en Berry au milieu du XIX e siècle. Aujourd'hui, les loups ont disparu de Bourges et périodiquement, ce sont des biches et des cerfs qui font la " une " des journaux locaux.
 
Il existe en effet, jouxtant la ville, à l'Est, un immense terrain qui s'appelle le polygone de tir, d'une longueur de près de 35 kilomètres et large de 4 à 6 kilomètres et sur cette terre, outre les essais de canons et de missiles, les cervidés de toute taille et de toute espèce pullulent et se reproduisent à grande cadence, sourds aux bruits des tirs…. Et le comble, c'est que le seul prédateur du cerf, à l'exception de l'homme, c'est le loup. Et le loup a quitté Bourges depuis des lustres.
Alors de temps à autre, un grand cerf, tout bois dehors vient faire un tour en ville, par le quartier de Pignoux et s'enfonce dans les jardins privés, ameutant les chiens et courant à travers les rues, jusqu'à ce que la maréchaussée viennent le tirer de là, où le tire tout court.
Plus tard, à partir des années 1930, les zoos et autres présentations d'animaux connaissent un intérêt certain et à Bourges, le nouveau Muséum donna une place importante à des singes, palmipèdes, mais aussi à des lions et des tigres. Les éléphants et autres bisons, étant pour leur part " empaillés ".
 
Depuis 1987, les animaux exotiques du Muséum de Bourges sont partis vers d'autres cieux, il restait quelques émeus et une couvée de canards. Le Muséum, avec sa conservatrice Michèle Lemaire s'est recentré sur une scénographie plus moderne, avec très peu d'espèces vivantes. Il reste encore une mygale, un python, des fourmis et bien entendu des phasmes, une tradition remontant à monseigneur Foucher qui aimait étudier le sexe de ces petites bêtes.
 
Pour les berrichons, le muséum reste le lieu où tout ce qui touche l'animal peut être traité. Et dans ce cadre, Michèle Lemaire et Laurent Arthur, conservateurs au Muséum de Bourges se sont attelés à cette tâche. Ils se sont spécialisés dans l'étude et la protection des chauves souris et …. A tous les animaux de notre Berry.
Les animaux que " traite " Laurent Arthur sont de tout poil, ils ont deux ou 4 pattes, des ailes ou une fourrure…. Bref, il se dit lui-même " le dépanneur de faune ", recevant toute espèce vivante, il les soigne ou donne des conseils.
 
Les chauves souris, maîtresses de la Ville
 
Une récente étude a montré qu'à Paris, il ne restait qu'une seule espèce de chauves souris, ce qui attriste nombre de passionnés de ces chiroptères. Et à Bourges, ce sont pas moins de 19 espèces qui vivent paisiblement sur la commune. Laurent Arthur donne des précisions sur les espèces qu'il a pu observer. Ainsi, " une Barbastelle a t-elle été vue sur la mairie de Bourges " ce qui est très rare. Elle ne venait pas chercher une carte d'identité, mais elle s'était égarée dans le bâtiment dédié aux places et enquêtes. Une autre fois, un petit Rhinolophe s'est invité au service des sports, alors que des Oreillards visitaient les services techniques situés dans l'ancien palais des Archevêques.
Et puis nous disent les deux spécialistes du Muséum, les pipistrelles sont là par centaines…. Ou presque. " On en a compté plus de 400 dans la seule cathédrale ", ajoute Michèle Lemaire.
A l'automne dernier, en fermant un peu brusquement la porte de la cathédrale du côté du parvis, des touristes ont vu des pipistrelles par dizaine tombées sur le sol, se demandant ce qui leur arrivait.
L'explication de Laurent Arthur sur ces présences massives et inhabituelles est simple, pour les oiseaux ou chauves souris, la cathédrale par exemple, c'est une magnifique falaise, et les jardin qui sont autour, comme ils ne sont pas ou très peu " traités ", offrent une aire de vie exceptionnelle aux insectes et par conséquence à leurs prédateurs.
 
Les oiseaux de la cathédrale
 
 
La cathédrale Saint Etienne, cette " grande falaise pour oiseaux ", est un petit paradis pour la gente à plumes. On trouve le faucon crécerelle qui est en difficulté, trouvant de moins en moins de gîtes sur l'édifice. Mais aussi le choucas, cet oiseau qui ressemble à un petit corbeau et qui habite toutes les vielles tours de la ville et des églises.
Mais " la star de la cathédrale ", pour Laurent Arthur, c'est incontestablement le Tichodrome Echelette, un petit oiseau qui vient hiverner à Bourges, et c'est l'hôte régulier des cathédrales. " Il est grand comme la main et vole comme un colibri, sa couleur rose violacée en font un être très sympathique.
 
A proximité de la cathédrale, la chouette hulotte habitait le secteur et on l'entendait beaucoup dans le jardin de l'archevêché. " Elle diminue en population, on l'entend beaucoup moins qu'autrefois, on doit se faire du soucis pour cette espèce à Bourges ". On trouve aussi la chouette effraie et le moyen duc, ce qui est logique dans le pays de Jean de Berry !
Un des oiseaux parmi les plus beaux que l'on puisse observer à Bourges est sans contexte le jaseur boréal. Il vient du grand Nord ou de l'est, et " il squatte tous les pommiers situés sur le boulevard Chanzy à la limite des marais ". Il opère une véritable razzia des petits fruits de cette espèce d'arbre et il repart lorsqu'il ne reste plus rien à déguster. On peut les voir en janvier ou février au grand dam des riverains qui trouvent que les fruits qui tombent abîment leur voiture et que la fiente des oiseaux dans ces périodes est une calamité …..
L'épervier n'est pas absent de la ville, trouvant dans le pigeon un met appréciable et le dégustant dans un jardin, à l'abri des regards ou presque.
 
Fouines et blaireaux dans les rues pavées
 
Mais les rues pavées de la cité médiévale qu'est Bourges permet à celui qui sait observer les animaux, ceux que l'on s'attend à voir en Forêt d'Allogny ou en Brenne et non en centre-ville. C'est le cas de ce blaireau " tapé par une voiture, tout à côté du cimetière de Pignoux, semble-t-il selon le rapport de la police municipale. Il y a quelques années, des blaireaux vivaient en toute sécurité dans le quartier de La Rotée, avec de nombreux terriers " actifs ".
Autre petit animal, la fouine, qui vit habituellement dans les vieilles fermes à la recherche de rongeurs s'est installée avec toute sa petite famille, dans plusieurs maisons du centre-ville, " où leur bruit, un tape-tape-tape fort bruyant dans les greniers des maisons anciennes mais habitées surprend parfois le nouvel occupant ". La fouine est un bon prédateur du pigeon elle en mange plusieurs dizaines par an et cela régule un tout petit peu la population des ces oiseaux en centre-ville.
Pourtant, il est assez rare que des personnes se rendent compte de la richesse de cette faune. C'est d'abord parce que la vie un peu folle d'aujourd'hui ne prédispose plus à l'observation, et puis, beaucoup " voient passer des bêtes qu'ils ne connaissent pas, confondant un écureuil et une belette ".
 
Vous avez dit insolites ?
 
Le centre ville de Bourges comprend aussi des animaux pour le moins insolites, c'est le cas du scorpion, une petite bête inoffensive, sans doute ramenée du Midi dans le sac d'une vieille dame et qui, si c'était une femelle avec des oeufs, s'est installée et a proliféré. C'est un peu comme la cigogne qui vient se poser sur le château d'eau ou le martin pêcheur qui s'aventure en ville, délaissant pour quelques temps ses marais.
Quant à l'écureuil, on le retrouve dans mille et un jardins de la ville, mangeant des noix et même des fraises à la belle saison. Et puis, il y a le mystère du Loir, ce petit rongeur, que beaucoup pensent avoir dans leur grenier. Laurent Arthur est intraitable, " le loir à Bourges, c'est en fait, un léreau, petit animal bruyant dont la tête est bien spéciale et qui s'installe dans les greniers à proximité d'un verger, avec toute sa famille ".
Enfin, même si cela fait souvent peur, la présence de reptiles n'est pas rare, c'est le cas de la couleuvre d'esculape, observée dans les carrières du Château ou encore une couleuvre à collier, la Coronelis, un serpent rare que l'on a encore récemment retrouvé le long de la voie ferrée, juste en face des marais.
 
En conclusion, pour Laurent Arthur et Michèle Lemaire, la présence de cette faune à Bourges est un véritable bonheur qu'il faut préserver et pour cela, il est nécessaire que chacun utilise peu ou pas de pesticides, que l'on ne mette pas d'engrais dans les cultures des marais et qu'on ,laisse les gîtes ouverts, ainsi dans une récente restauration de la cathédrale, les " trous " de boulindrins ont été rebouchés empêchant plusieurs espèces d'oiseaux de venir nicher. Et puis, il " faut apprendre à observer "……
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