L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES

CLAUDE ALARD, SCULPTEUR BELGE ET BERRICHON
Par Roland NARBOUX

La sculpture à Bourges a été marquée par Claude Alard, c'était dans les années 1960 à 1980. Ce sculpteur très attachant a quitté Bourges, il serait aujourd'hui établi à Vierzon.

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Version 2009

 

Parmi les grands sculpteurs qui ont travaillé à Bourges, comme Popineau ou Thébault, se trouve un personnel attachant, venu de Belgique et à qui la ville de Bourges doit beaucoup, il s'agit de Claude Alard.

Claude Alard est né à Fleurus en Belgique, le 8 juin 1939. Son père, courtier en assurance, fut un grand résistant, et comme souvent, il haïssait la guerre. Il envoie son fils en France chez ses grands-parents, fermiers à Vouzeron, à la limite de la Sologne et du Berry.

Très jeune, le petit Claude voulait devenir aviateur, son père n'étant pas d'accord le retire de l'école, et le futur artiste se retrouve à Vouzeron avec un métier : celui de serrurier.

Alard est un autodidacte, dans son enfance, il passait ses loisirs à travailler le plâtre. Il vend aussi des petits objets en plâtre ou en bois.
A ses débuts comme serrurier, il fait la connaissance du travail du métal et comme artiste, ce sera son matériau de prédilection. Il ne connait rien à l'art, il n'a pas de technique, mais il apprend sur le tas. C'est un artisan qui devient peu à peu, avec fougue et persévérance, un artiste.
La forge et la soudure deviennent son quotidien, il sculpte le métal, et c'est avec des barres creuses qu'il trouve enfin un moyen de réaliser ce qu'il a dans la tête. Les barres sont soudées à la baguette, puis l'oeuvre est réchauffée et retravaillée à la forge : la technique d'Alard est au point.

Les premières oeuvres, alors que l'artiste habite à Brouillamnon dans le Cher, concernent les décors "métalliques" d'une pièce de Shakespeare jouée à la Maison de la Culture de Bourges.
A partir de 1972, il commence à vivre de son art, il réalise des sculptures en acier le plus souvent dans le cadre du 1% des constructions scolaires. Ce sera "la mère et l'enfant" pour le groupe scolaire des Barbottes, puis "le Patriarche" à Gionne. Il touche aussi à la peinture, avec une fresque intitulée "les oiseaux exotiques", elle est à Vierzon.

Alard est remarqué avec, en 1976, une sculpture en acier de 3 mètres d'envergure pour le lycée Marguerite de Navarre: "Oiseaux". Alard est alors de plus en plus fasciné par la ciel et le feu. La représentation de cet Aigle pris dans la tourmente, c'est à la fois la puissance et la légèreté.
C'est à cette époque qu'il réalise la grille du Parc Saint Paul à Bourges, juste à l'entrée de la foire. Elle cercle "la baigneuse" en pierre de Cacheux. Cette grille est longue de 35 mètres pour une hauteur de 3,5 mètres. Plus curieuse est la maquette de la Ville de Bourges que l'on peut admirer à l'entrée de l'Hôtel de Ville de Bourges, à quelques mètres d'une fresque d'Emile Popineau.

Avec l'année 1977, c'est la consécration avec la flamme, et puis au début des années 1980, Alard devient émotion, sa sculpture se personnalise, elle apparaît plus intimiste. Le travail de l'acier permet de traduire les situations les plus dramatiques. Il réalise des oeuvres très fortes comme "dernier espoir" ou encore en 1982, "Tragique Destinée" qui est un chef d'oeuvre récompensé par le Prix Rubens.

Alard poursuit sa carrière d'artiste, avec " l'huître" de la Trésorerie Générale, et en 1983, il créer le Centre Régional des Métiers d'Arts dont il devient le Directeur, ce lieu est à Mehun sur Yèvre, au pied du château de Charles VII.


LA FLAMME SUR LA BUTTE D'ARCHELET

C'est en 1977 que fut érigée sur la Butte d'Archelet, une sculpture monumentale en acier noir appelée La Flamme. Elle est l'oeuvre d'un des grands sculpteurs locaux des années 1960 et 70 : Claude Alard.

Cette flamme est placée juste avant le passage Saint Privé. Elle symbolise l'entrée dans la Ville de Bourges, en venant de Paris. L'automobiliste la voit avec, en arrière plan la Cathédrale Saint Etienne. Que peut-elle signifier cette flamme ? Le feu intérieur des berruyers ou le rappel du grand incendie de la Madeleine de 1487 ? Nul ne peut le dire.

C'est en tout cas une oeuvre qui manie à la fois l'ancien: le feu n'est-il pas le 4° élément des alchimistes de l'Hôtel Lallemant, et le moderne par le choix des matériaux utilisés par Alard.

La flamme d'Alard sur la butte d'Archelet

La réalité quant à la décision de placer là une sculpture monumentale, est plus simple. Il s'agissait pour la Municipalité de Raymond Boisdé, de concrétiser la fin des travaux de Bourges Nord, une ville nouvelle de plus de 20 000 habitants, et de la réunir avec la Ville ancienne, celle du Bourges intra muros. Aujourd'hui encore sur cette butte qui est un tumulus gaulois, la statue d'Alard est fort contestée, elle cacherait dit-on la Cathédrale au regard.

Claude Alard va utiliser 6 tonnes de métal pour la réaliser dans son atelier de Brouillamnon, elle est en acier soudable, haute de 8 mètres, il a fallu plus de 40000 mètres de soudure pour donner les formes harmonieuses représentées.

Cette sculpture fera encore parler d'elle en 1989, car la protection et la peinture noire se dégradaient. Il a été nécessaire, pendant plusieurs mois de ravaler la flamme. Ces travaux lui ont donné le bel aspect du neuf, et les berruyers se sont remis à la regarder.

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