Histoire du Foyer Saint François a Bourges - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

 

 WIKI _ BOURGES
L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES

 RETOUR AU SOMMAIRE

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL
Version 2019
 

LE SOMMAIRE
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ils sont nés à Bourges,
François Mitterrand à Bourges
Chiffres essentiels
Les Templiers
Les élections à Bourges au XXe siècle
Les Très Riches Heures du duc de Berry
les villes jumelles
Radios locales
Les francs-maçons
Kiosque et musique
Agnès Sorel
L'horloge astronomique
Les tramways de Bourges
L'Yèvre à Bourges
L'alchimie
La Bouinotte, magazine du Berry
L'usine Michelin
La maison de la Reine Blanche
Serge Lepeltier
L'industrie à Bourges au XXIs
Monuments Historiques Classés
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

Et puis une nouveauté : L'information et l'actualité à savoir sur Bourges, en quelque clip et quelques lignes :

http://www.bourges-info.com/

 

 

Retour en page d'accueil

 LE FOYER SAINT FRANÇOIS A BOURGES

Un lieu très connu aujourd'hui et dont l'Histoire est particulièrement méconnue.

Il faut améliorer cet article.


L'Histoire Du Foyer Saint-François de Bourges

C'est un domaine autrefois important situé rue Joyeuse à Bourges que se situe le Foyer Saint-François. La rue s'appelait Rue de la Congrégation et elle a une histoire peu connue que les lignes ci-dessous vont tenter de conter.
Simone Marioton signale que ces bâtiments ont appartenu à Jean Cœur, le fils du grand Argentier, qui fut archevêque du diocèse de Bourges.
Il reste à savoir si Jacques Cœur qui avait des maisons dans plusieurs lieux de sa ville natale ne fut pas à l'origine de cette bâtisse.
Pour Rémy Beurion, la première mention de cette rue date de 1225. Autant dire que ce boyau qui part en courbe entre la rue Bourbonnoux, les rues Tory et Montcenoux, abrite une foultitude de fantômes et d'esprits saints, si l'on se réfère à la prise d'une partie du foncier par les sœurs de la Congrégation en 1660.
Le travail historique de Philippe Goldman, en 1994, pour l'inauguration du Centre universitaire d'études juridiques, parti depuis à Lahitolle, propose un livret passionnant sur les derniers huit siècles de la rue Joyeuse. On y dépeint une propension au commerce. Comme la rue Bourbonnoux, la rue Joyeuse débouchait sur la porte du même nom. C'était même une voie pénétrante de Bourges. Ce qui explique, écrit Philippe Goldman, la présence d'auberges dans le quartier.

Une rue d'auberges et d'hôtels

Au Moyen Age, à l'époque de Jacques Cœur, dans les origines de ce secteur de l'ex-institut municipal d'éducation permanente (IMPE) se trouvait en particulier l'hôtel du Cheval blanc, et en 1442. Jean Rat moyennant 23 écus de louage vous laissait dormir en paix.

Autres auberges, " La Truie qui file " narguait " les Trois Rois " et " le Sauvage "

Il y avait aussi " le Boeuf couronné " et " le Heaume d'argent " à proximité, rue Bourbonnoux avant que n'arrive, place Gordaine, " la Boule d'or ".
La poésie des enseignes reflète bien l'esprit de l'époque.
De propriétaires en propriétaires, les maisons de la rue Joyeuse vont changer de mains et ceci jusqu'à l'arrivée des sœurs qui annexent plusieurs bâtisses.

En 1852, la ville de Bourges installe au numéro 5 l'école supérieure qui deviendra donc l'Imep.
Des travaux de fonds transforment à ce moment l'immeuble en résidence au doux nom des Jardins d'Aquitaine. (à verifier).
D'autres vestiges (notamment une cheminée) ont été mis à jour récemment.
La porte du foyer Saint-François et sa fenêtre au-dessus, en ogive, rappellent d'autres histoires dans la grande histoire.

La maison Chambellan


C'est après le grand incendie de 1487, nous dit Buhot de Kersers que des constructions sont édifiées par la grande famille locale des Chambellan.
Pendant longtemps, au XV ° et XVI ° siècle, cet hôtel particulier, comme celui des frères Lallemant situé à quelques centaines de mètres de là, sera appelé " la maison Chambellan ".
La famille Chambellan effectue des travaux considérables avec trois corps de logis distincts.
Nous sommes alors dans une vaste emprise foncière allant de la rue Joyeuse actuelle jusqu'au boulevard Clémenceau actuel qui n'existait pas c'est à dire jusqu'à l'Yèvrette, rivière artificielle du Moyen Age.
Les religieuses de Buxières ou Bussières
Nous sommes au début du XVII ième siècle, les religieuses de Buxières possédaient alors des bâtiments conventuels à l'ouest de la ville, un peu en dehors, rue Saint Sulpice, proche de la célèbre abbaye.
Cela s'appelait la maison Saint Grégoire dont il ne reste aujourd'hui qu'un portail en pièce détachée stocké dans les locaux municipaux, appelé portail Saint-Grégoire.
Le lieu devient donc propriété de l'abbaye Saint Sulpice.
C'est en septembre 1625, que les religieuses arrivent rue Joyeuse, l'abbesse en tête, suivie de 8 religieuses, avec une belle procession qui va de la cathédrale Saint-Etienne à leur nouveau logis.
Il s'agissait de locaux de la rue de la paroisse Saint Jean, rue Joyeuse actuelle.
C'est ainsi qu'en 1624, l'hôtel Chambellan fut acheté par les religieuses de Buxières le 14 décembre, et elles restèrent en ce lieu assez peu de temps, jusqu'en 1649.
Aussi quelques semaines après cette acquisition, le 22 mars 1625, c'est à dire 3 mois plus tard, l'archevêque de Bourges autorise aux religieuses de Bussières leur installation à Bourges et quelques mois plus tard, c'est l'abbé de Cîteaux qui donne son autorisation pour que les religieuses soient transférées à l'hôtel Chambellan.

La communauté, une fois à Bourges prospère, elle a pour voisine la communauté religieuse de Saint Laurent, et les religieuses nous dit Simone Marioton appliquent parfaitement la règle et leur niveau s'accroit, elles passent de 8 à 12.

Le XVII ième siècle : Le couvent de la Congrégation

En 1653, une importante Congrégation, appelée Notre-Dame formée de religieuses de Saint-Augustin étaient à Saint-Amand, protégées par la prince de Condé, et dans cette période de la Fronde et de troubles, elles ne se sentaient pas en sécurité et elles vinrent se réfugier à Bourges.

La Congrégation Notre Dame datait de 1597, elle vient de Laon, sous le "label Saint Augustin ", elle s'était spécialisée dans l'instruction des filles pauvres.
Elle n'est reconnue après bien des épisodes par le pape Paul V en 1628.
En 1651, leur couvent est détruit au cours du siège de Montrond, et elles doivent quitter la ville.
L'archevêque de Bourges est alors M. de Ventadour.

Quelques dates et des accords pour ce transfert :
Accord de l'archevêque en septembre 1652
Accord du Roi en février 1658
Accord des échevins le 1653
Elles s'installent dans un premier temps dans plusieurs maisons à proximité de la maison Chambellan qui appartenait à l'abbaye Saint Sulpice.
Pour leur extension, les religieuses de la Congrégation Notre Dame achetèrent alors à la communauté des sœurs de Saint Sulpice, la maison Chambellan en 1673, c'est à dire 20 ans après leur arrivée à Bourges.

De 1673 à 1791, c'est à dire pendant plus d'un siècle, cette Congrégation Notre-Dame se développe et fait des travaux qualifiés de considérables sur ces lieux, comme en 1679, la construction de la Chapelle.
On retrouvait aussi des fenêtres à meneau du XV ° siècle,
Les bâtiments existent toujours, c'est le Foyer Saint-François et aussi l'ex IMEP.

La porte de la rue Joyeuse :


On retrouve un portique avec deux pilastres ioniques portant un entablement classique
Buhot de Kersers la décrit ainsi :
" … Le linteau surélevé au milieu par un ressaut rectangulaire, est encadré par une double moulure, baguette, gorge et gros tore ; par une singularité remarquable, ces moulures ont des bases prismatiques du XV ième siècle ".
La Révolution et la fin de la Congrégation
Après les évènements de 1789, ce sont les inventaires des biens ecclésiastiques selon le décret du 22 avril 1790, et à Bourges, les représentants du district viennent faire le 6 septembre 1790 l'inventaire des biens du couvent de la Congrégation.
Ils trouvent l'abbesse, Anne de Charrant, appelée Sainte Victoire avec 29 religieuses.
Bien National en 1792
Les religieuses, comme partout en France sont remises à la vie civile et doivent en septembre 1792 quitter les couvents et autre lieux religieux, lesquels sont déclarés Bien nationaux.
En janvier 1793, le représentant du Directoire de Bourges s'en va contrôler les lieux et mobilier de la Congrégation. C'est assez rapide, il ne reste pas grand chose.
En avril 1793, puis en juin les meubles de la communauté et de l'église sont vendus, pour une somme de 15 000 livres au total.
En mars 1794 (28 ventôse an II) le couvent est découpé en 8 lots qui sont vendus à des particuliers pour près de 60 000 livres.
En 1822, les lots N° 3 et 4 sont achetés par la Ville de Bourges. Le reste des bâtiments est alors affecté en 1823, en pleine Restauration aux Frères de la Doctrine Chrétienne.
En 1835, ce sont les Fidèles Compagnes de Jésus qui prennent possession des bâtiments.
En 1860, la ville de Bourges continue ses acquisitions et achète les lots N° 1 et 2 qu'elle louait auparavant à des particuliers.
En 1852, la ville de Bourges installe au numéro 5 l'Ecole supérieure qui deviendra donc l'Imep. (Beurion) (1822 / 1852) bien connue des Berruyers jusque dans les années 2000, ou cet Institut Municipal ira sur le site de Lahitolle.

Le XX ° siècle : le Foyer Saint François


Cela se termine semble-t-il en 1903, avec les lois de laïcisation, les religieuses encore présentes quittent les bâtiments.
(Historique issu du discours de Maître Patrice Monnot pour l'Abbé Saint-Supéry)

A l'origine, l'association est un Patronage fondé par l'Abbé Desry.

Le 1er juillet 1925, c'est la création du foyer Saint-François sous la forme d'un Foyer de Jeunes Travailleurs au revenu très modeste. Le foyer a pour but, outre le fait de proposer gîte et couvert, de donner ou de promouvoir une atmosphère d'amitié. En 1936, le foyer a une existence légale par le biais de " la Famille Coopérative ".

A partir de 1941, l'Abbé Berthault est nommé directeur du Centre diocésain des jeunes de Saint-François de Bourges. il devient le conseiller, le guide et l'aide de tous les jeunes et des réfugiés en difficulté avec les Allemands. L'abbé Berthault sera arrêté pat la Gestapo en 1942, déporté en Allemagne dans les camps de Saxenhoven et de Bergenbelsen, il décédera en 1945 peu de temps avant la libération du camp.

L'abbé Saint-Supéry est nommé directeur du Foyer en 1945.

Dans les années 50 à 60, le foyer va développer sa mission sociale et va accueillir des personnes sans domicile fixe. Dans ces mêmes temps, le foyer s'agrandit afin d'accueillir un plus grand nombre de jeunes de 18 ans à 25 ans.
L'association est Reconnue d'Utilité Publique par le décret du 25 octobre 1959. En 1963, une " maison secours " est créée en partenariat avec le Secours Catholique, elle permet de ne pas " mêler " les jeunes travailleurs et les personnes en difficulté sociale, d'autant que le commissariat demande fréquemment, en période hivernale, au foyer d'accueillir les personnes sans abris.

En 1979, avec un second étage aménagé, la " maison secours " accueille des femmes en difficultés, notamment des femmes battues (qui deviendra le foyer Sainte-Claire).

Les deux associations fusionneront en une. Le statut juridique sera modifié en 1985/1986. La dimension chrétienne est un des fondements de l'association, l'association a en effet une longue tradition ecclésiastique.
Mais l'association se veut aujourd'hui non confessionnelle. Elle reste cependant sur une dimension humaniste et sur des valeurs chrétiennes (d'accueil des plus défavorisés…)

En 1990, l'abbé Saint-Supéry cède la direction du foyer à un laïc.

L'histoire de l'association aujourd'hui nous permet de comprendre le fonctionnement et les projets du CHRS. Dans les données citées, l'on retrouve aisément des missions ou des activités actuelles (sans abris, hébergement en urgence hivernale, les jeunes de 18-25 ans, le soutien, l'aide…)… L'action du foyer Saint-François s'est fixé une ligne précise : être un service. Postulat qui est toujours d'actualité, " le foyer a toujours cherché à s'adapter et à répondre aux besoins vitaux d'une époque donnée dans le cadre de son but propre ".

et ainsi qu'apparaît le Foyer Saint François.

Le Foyer Saint François aujourd'hui


Le 115, " l'âme de Saint-François ", la maraude, l'abri de nuit mais aussi l'hébergement d'urgence et le pôle réfugiés et migrants, c'est tout cela, l'Association Saint-François.
Hier soir, après une assemblée générale extraordinaire destinée à toiletter les statuts, l'assemblée générale ordinaire a balayé les activités, les finances et, en préambule, l'avenir édicté à la fois sous forme de projets et de souhaits par le président Franck Thomas-Richard.
Des bilans et des projets
Indissociable de Bourges, le foyer Saint-François multiplie les mains tendues vers les personnes en détresse sociale, de l'urgence à l'insertion.
Matériellement, c'est par exemple 80 places d'hébergement et de logements et 100 places pour les réfugiés et les migrants. " Quarante places de plus pourraient s'ouvrir ", a expliqué Franck Thomas Richard, pour le centre d'accueil des demandeurs d'asile (Cada). À cette branche, le président veut greffer un accueil des chrétiens d'Orient à Bourges. L'Association Saint François s'est d'ailleurs ancrée dans la mission Solidarité Irak.
Des idées, Franck Thomas-Richard n'en manque pas. En plus de faire tourner la maison qui compte plus d'une trentaine d'agents, des projets sont à mener. La résidence étudiante est toujours d'actualité pour compléter les 8.000 mètres carrés de locaux de l'association.
L'accueil de pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle entre, selon le président, dans l'historique de Saint-François.
Les problèmes sociaux de l'instant génèrent de leur côté une succession de chiffres et de statistiques qui montrent une intense activité du foyer : 121 personnes (91 hommes et 30 femmes, dont 4 enfants) pour le dispositif abri de nuit ; le CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale) a accueilli 120 personnes distinctes avec un temps de séjour moyen de 111 jours. C'est aussi les lits halte soins santé afin de soigner les pathologies courantes des personnes sans domicile ne nécessitant pas une prise en charge en milieu hospitalier ou en milieu spécialisé médico-social jusqu'à des activités socioculturelles et sportives.
Merci à Rémy Beurion

Vous souhaitez enrichir le site de l'Encyclopedie de Bourges ?

Vous avez une question à poser : cliquer ici >>>